"Quel temps fera-t-il demain ?"
Voilà
une question bien familière au Québec. En effet, nous avons cette
particulière obsession quotidienne de la météo. C'est le sujet le plus
manifeste de nos conversations de tous les jours. Je ne sais pas s'il
en est ainsi dans d'autres pays, mais pour les Québécois le temps qu'il
fera (ou fait ou a fait) est un sujet tout à fait courant, voire
inévitable, et pour peu on le croirait génétique ! Fera-t-il beau ou
mauvais, froid ou chaud, soleil ou pluie ? Voilà le tracas principal
des Québécois. C'est un peu comme si notre qualité de vie en dépendait
directement et pourtant nous ne sommes ni ces agriculteurs d'autrefois
ni ces natifs en symbiose avec la nature. C'est tout simplement typique
de notre culture locale, nous voulons savoir, nous devons en parler.
Mais
si la météo est au cœur de nos préoccupations quotidiennes, celles-ci
ne dépassent pas le cadre de notre petit confort immédiat :
apportons-nous un parapluie ? Devrions-nous enfiler nos bottes ou nos
souliers ? http://zone-7.net/ Peut-être y a-t-il dans nos gènes une faible trace
d'ancêtres Gaulois et qu'inconsciemment nous entretenons l'atavique
peur que "le ciel nous tombe sur la tête". Ou peut-être est-ce
simplement le canal météo qui prend trop de place dans nos vies. "Parce
que ça ne durera pas" indique un énorme panneau publicitaire, en
bordure de l'autoroute, signé Météomédia, sur lequel figure une flèche
pointant vers le haut qui insiste sur l'incertitude que nous devrions
entretenir face au temps qu'il fera ! Joli marketing, admettons-le.
Mais
cette fascination pour "le temps qu'il fera" est insidieusement
limitative. En effet, la météorologie contemporaine joue aujourd'hui un
double rôle car, au même titre qu'elle nous incite à nous enquérir de
l'état du ciel, elle n'en limite notre perception qu'à quelques
kilomètres, c'est-à-dire jusqu'à la couche nuageuse, sans plus.
Pourtant, si nous considérons l'étymologie du mot météorologie,
nous nous apercevons qu'au départ cette science prenait en compte des
phénomènes d'un tout autre ordre que ceux qui "font la pluie et le beau
temps". En effet, la météorologie est carrément la science des météores.
Au sens large, les météores sont "tout phénomène qui se produit dans
l'atmosphère". Ils incluent donc, par définition, les "phénomènes
lumineux qui résultent de la chute dans l'atmosphère terrestre d'un
corps solide venant de l'espace". Mais à quand remonte la dernière fois
où nous avons entendu parler de prévisions météorologiques concernant
ces derniers ? Pas de ce millénaire. Certes, la météorologie
contemporaine est quasi indispensable (lorsqu'elle ne se trompe pas) à
la prévision des transports, notamment aériens et navals. Mais n'est-il
pas intéressant de constater que cette science n'inclut pas, dans ses
observations et prédictions, des éléments aussi importants que les
chutes de corps solides dont les conséquences pourraient être
importantes, voire dévastatrices ?
Malheureusement, comme tant
d'autres domaines, cette science a été pervertie au cours du temps pour
devenir la banale et insipide prédiction de la goutte de pluie et des
20 degrés ensoleillés que nous connaissons aujourd'hui. Elle a subi,
pour ainsi dire, le même sort que l'astrologie qui, de véritable
science de l'influence des corps célestes, est devenue la ridicule
prédiction amour/travail/santé/chance pour tous les Gémeaux du globe
via le journal local et qui se contredit d'un journal local à un autre.
Ces deux sciences, comme bien d'autres, ont été réduites à
l'insignifiance et leurs prédictions ne valent guère plus qu'un certain
amusement.
Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Il fut une
époque où le ciel tapissé d'étoiles et rempli de phénomènes de toutes
sortes était considéré avec autant d'admiration que d'appréhension, et
chacun de ses soubresauts comme important et annonciateur d'événements
particuliers pour les hommes.
Dans leur livre Hiver cosmique,
Victor Clube et Bill Napier dédient plus d'une centaine de pages à
l'étude de la perception que les hommes avaient du ciel et de ses
acteurs. En remontant aussi loin que possible dans l'Histoire, ils
passent en revue la compréhension des cieux qu'en avaient les
différentes civilisations, et ce, à travers leurs légendes et écrits,
et les conclusions qu'ils en tirent sont des plus intéressantes.
Analysant ainsi - d'un point de vue d'astrophysiciens - de nombreux
mythes, ils ont su exposer le caractère clairement cosmique attribué à
la majorité des dieux, révélant ainsi que ces "dieux du ciel" étaient,
il y a à peine quelques millénaires, littéralement des comètes. Ce ne
sont certes pas les seuls auteurs à avoir fait ce rapprochement (voir,
entre autres, Michel-Alain Combes, La Terre Bombardée), mais
leur cheminement dans le "labyrinthe de l'Histoire" et les nombreux
exemples qu'ils mettent en évidence ne laissent aucune place au doute :
la majorité des dieux célestes étaient, en réalité, des comètes.
Après
plus de 30 ans de recherches et de recoupements soigneusement étudiés,
ces deux astrophysiciens mondialement reconnus - qui ont passé la
majeure partie de leur vie à scruter les cieux afin de repérer les
astéroïdes et comètes dont la trajectoire pourrait croiser celle de la
Terre - ont analysé et fait des rapprochements entre de nombreux
domaines scientifiques (mythologie, témoignages antiques, carottages
polaires, paléoastronomie, observations satellites, etc.) afin de
dresser un tableau clair de l'histoire des comètes et des météorites,
et d'en arriver à une compréhension juste de leur influence dans
l'Histoire.
Après avoir expliqué de quelle façon, au cours des
millénaires, l'importance des bolides cosmiques fut pratiquement
réduite à néant - entre autres par l'attribution du nom des "dieux" aux
planètes plutôt qu'aux comètes (qui subirent éventuellement une période
de déclin, comme tout corps céleste) -, ils nous expliquent en détail
le fonctionnement de la vie des comètes et leurs possibles impacts sur
la vie terrestre. Pour faire une synthèse rapide, disons simplement que
l'orbite d'une comète autour de notre soleil ne contient pas seulement
ladite comète, mais une multitude de "morceaux de roche" allant de la
simple poussière à des cailloux de tailles diverses , car elle se
fragmente plusieurs fois au cours de sa vie et que ses fragments aussi
se sectionnent en parcelles encore plus petites et ainsi de suite.
|
 |
|
Cette
orbite, lorsqu'elle croise le plan de l'écliptique, devient donc une
zone hasardeuse où les collisions - d'intensité variable - sont
possibles. Ce sont d'ailleurs ces zones orbitales qui sont responsables
de spectacles cycliques tels que les perséides du mois d'août, car la
Terre traverse un champ de débris laissé par une comète qui fut, à une
certaine époque, visible à l'œil nu et qui avait, on le comprendra, le
statut de dieu pour les anciens.
Ce qu'il faut saisir ici, c'est
que la météorologie actuelle nous inculque la fausse conception -
sous-entendue - que la Terre est un environnement clos, un système
fermé, et que le reste des corps solides sont "là-bas", très loin de
nous et donc pratiquement sans influence ni conséquence. Cet état de
choses naît de la simple omission dans l'éducation populaire du fait
que notre système solaire en entier, suivant son tuteur le soleil,
voyage à la tumultueuse vitesse de 217 kilomètres par seconde
dans une danse circulaire autour du centre galactique. Bien qu'on
insiste régulièrement sur le fait que l'Univers est composé, en grande
partie, de vide et donc qu'il ne représente aucun danger, celui-ci est
pourtant rempli d'un nombre incalculable (voire infini) de corps en
mouvement de toutes sortes : soleils, planètes, comètes, astéroïdes,
nébuleuses (amas de gaz et de poussière de dimensions à couper le
souffle), etc. Tous ces corps sont appelés, un jour où l'autre, à
interagir les uns avec les autres, gravitation oblige. Croire que notre
croisière intergalactique est ce qu'il y a de plus sécuritaire revient
à penser qu'une balade à toute vitesse en voiture n'a rien de dangereux
puisque la route est à 90% "vide". Pourtant, ces 90% sont remplis
d'endroits comportant des voitures allant à sens inverse, des trous
dans la chaussée, des enfants traversant aveuglément en quête de leur
ballon et même des oiseaux de passage qui, malgré leur faible poids,
réduisent en miettes le pare-brise, risquant ainsi de provoquer une
perte de contrôle et un accident fatal.
Poussant plus loin leurs
explications sur la nature de la danse mouvementée de l'Univers, Clube
et Napier insistent sur le fait que notre système solaire, au cours de
sa longue révolution autour du centre de la galaxie, coupe à deux
reprises le plan galactique et subit donc des périodes où les
rencontres célestes sont à leur maximum et d'autres où elles sont à
leur minimum. Ceci s'explique par le fait qu'au plan galactique, la
densité d'amas de matière est beaucoup plus grande que lorsque nous
nous éloignons de ce plan.
|
 |
|
(Image
à titre d'exemple uniquement : la ligne blanche représentant le plan
galactique et la ligne rouge le plan incliné de l'orbite du soleil)
Bien
que la durée de ce cycle orbital soit approximativement de 230 millions
d'années - ce qui suggère inconsciemment que nous ne courons aucun
danger -, il serait d'une importance capitale de savoir où nous nous
situons dans le moment présent. Qui plus est, d'autres facteurs, tout
aussi importants, tels que le passage dans les bras spiraux de la
galaxie, la traversée de nébuleuses, etc. jouent un rôle prépondérant
dans l'activité cyclique des comètes dont la proximité est hasardeuse
et possiblement désastreuse. (Notons ici, encore une fois, que
l'étymologie nous renseigne amicalement sur certaines réalités tapies
sous les mots. Désastre : disastro, de disastrato, astrol. "né sous une
mauvaise étoile" ---> astre.)
Sans entrer plus en profondeur
dans les détails de cette mécanique, je laisserai Victor Clube et Bill
Napier nous résumer la situation actuelle : |
|
|
"La
position actuelle du soleil dans la galaxie créé les conditions d'un
taux d'impact exceptionnellement élevé. Si le caractère épisodique de
l'histoire de la Terre reflète le passage dans les bras spiraux, alors
la position présente du soleil sur le bord interne du bras d'Orion nous
assure d'être actuellement dans une phase active. En outre, le soleil
vient tout juste de traverser le plan galactique, où les forces de
marée agissant sur le nuage de comètes sont maximales ; l'intensité du
flux cométaire passe donc en ce moment par les valeurs fortes de son
cycle galactique. Le soleil vient également de traverser la Ceinture de
Gould et subit de ce fait une force de marée exceptionnelle créée par
un ancien nuage moléculaire en cours de désintégration. Enfin, il
semble - on n'a pas encore de modèles précis à ce sujet - que le soleil
ait traversé il y a quelques millions d'années seulement l'association
Scorpion-Centaure, groupe de jeunes étoiles bleues et chaudes et de
nébuleuses massives appartenant à la Ceinture de Gould. Cette rencontre
a dû déclencher un épisode d'impact brutal qui n'est pas encore terminé, le déversement des comètes dans le système solaire se produisant dans les quelques millions d'années suivant encore.
En
résumé, nous nous trouvons actuellement dans un environnement
galactique fort agité puisque nous traversons un épisode d'impact et
sommes tout près du point maximum d'un cycle galactique dont
l'intensité est encore accrue par une nébuleuse massive. Il est
donc probable que le taux d'impact des deux ou trois derniers millions
d'années a été plusieurs fois supérieur - encore n'est-ce qu'une
estimation prudente - à celui que révèle l'examen des cratères
lunaires. Cette conclusion cadre à la fois avec les données terrestres
(cratères et perturbations géologiques récents) et avec le nombre
actuel d'astéroïdes géocroiseurs, trop important par rapport aux
cratères lunaires observés." [1] |
|
|
|
Bien
entendu, lorsqu'il est question d' "actuellement", il est question ici
d'une période de temps relativement grande (tel que mentionné) d'une
durée de plusieurs milliers d'années, voire de millions d'années.
Alors, en quoi devrions-nous nous inquiéter de ces découvertes ? Pour y
répondre, nous devons nous pencher sur les données historiques qui nous
sont accessibles ainsi que sur une minutieuse observation des temps
présents.
Serait-il possible de valider la véracité de ces
informations par un simple examen des cicatrices d'impact de la Terre ?
Une rapide requête sur n'importe quel moteur de recherche sur le Web
nous rapporte quelques images qui laissent songeur quant au nombre
d'impacts et à leur ampleur.
(Cliquer pour agrandir) |
|
|