Collision sur Jupiter : un avertissement pour la Terre
jeudi 10 septembre 2009 par Archétype
(Source : Futur Quantique)
Cette image détaillée montre un vaste impact en bas à gauche sur la région du Pôle Sud de Jupiter, pris le 20 juillet par le télescope infrarouge de la NASA de Mauna Kea à Hawaï :
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La liste des objets cosmiques qui pourraient frapper la Terre s’agrandit. Les scientifiques étudient l’utilisation de ‘tracteurs’ satellites et d’armes nucléaires comme moyens de dévier les astéroïdes en approche.
Quand un objet impacta Jupiter au cours du week-end, donnant aux astronomes leur meilleur spectacle de collision cosmique depuis la comète Shoemaker-Levy 9 en 1994, la géante gazeuse encaissa le coup à la manière du Pillsbury Dough Boy (1).
Cependant, malgré tout son intérêt scientifique, la collision sert également à nous rappeler avec vigueur que le système solaire reste un stand de tir - et la Terre, comme Jupiter, se trouvent du mauvais côté de la ligne de tir.
La signature de l’objet au sommet des nuages de Jupiter fut découverte initialement par un astronome amateur australien, Anthony Wesley, alors qu’il collectait des images numériques de la planète géante avec son télescope de 14,5 pouces. Après avoir alerté d’autres astronomes sur ce qui semblait être une « cicatrice » dans les sommets des nuages similaire à ceux créés par les morceaux de la comète Shoemaker-Levy 9, les scientifiques de la NASA dirigèrent un télescope infrarouge de 3 mètres sur la planète et obtinrent une bonne image de la cicatrice.
« Cela pourrait être l’impact d’une comète, » accorde Glenn Orton, scientifique au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA à Pasadena en Californie, dans une déclaration faite hier. « Mais nous ne le savons pas encore avec certitude. »
Quand on en vient aux objets sur lesquels les Terriens devraient garder un œil, le catalogue accumulé par les scientifiques s’épaissit.
Depuis 1995, des astronomes associés à 10 projets de recherche ont découvert plus de 6200 astéroïdes proche de la Terre, de toutes tailles, selon les données du JPL. 784 font au moins un kilomètre de large ou plus. Un peu plus de 1000 sur le total ont été qualifiés de « potentiellement dangereux » - ceux qui passent à une distance de la Terre inférieure à 7,6 millions de km.
Et tandis que les plus grands ont le potentiel d’infliger le plus de dommages, les scientifiques obtiennent une nouvelle estimation du coup que même les plus petits peuvent porter.
Il y a deux ans et demi, des scientifiques du Laboratoire National de Sandia à Albuquerque au Nouveau Mexique, faisaient des simulations avancées par super-ordinateur sur l’évènement de 1908 en Sibérie qui aplatit et incendia les arbres sur une zone large de 50 km. Les estimations évaluent la puissance explosive du souffle aérien d’un météore ou d’un fragment de comète à une valeur comprise entre 10 et 20 mégatonnes.
La bonne nouvelle : les calculs du super-ordinateur de Sandia, en 3-D, redescendent ce champ explosif à un intervalle compris entre trois et cinq mégatonnes. La mauvaise nouvelle : les calculs ont aussi indiqué que l’astéroïde ou le fragment de comète était bien plus petit qu’on ne l’estimait antérieurement. Il y a plus de petits astéroïdes qui passent en trombe autour de nous que de grands.
Parfois ils peuvent sembler venir de nulle part
En octobre dernier, des astronomes ont détecté un astéroïde d’une largeur estimée entre deux et cinq mètres. 21 heures plus tard, il entra dans l’atmosphère au-dessus du Nord du Soudan, arrosant le désert nubien de météorites. Le souffle de l’objet fut évalué à environ 1000 tonnes de TNT.
Pour les spécialistes des astéroïdes, ce fut un vrai test en direct des protocoles qu’ils avaient développés pour alerter les astronomes afin qu’ils surveillent l’objet et affinent les estimations de l’orbite et de la localisation de l’impact - et alerter les autorités nationales qu’un impact direct allait se produire.
L’incident « mit en évidence l’évolution réussie du processus de découverte et de prédiction d’orbite du programme des NEOs, » écrivirent les scientifiques du JPL Steve Chesley, Paul Chodas et Don Yeomans dans un rapport ultérieur sur l’incident.
Le but, bien entendu, est de détecter ces objets et de produire des estimations d’orbite très affinées, à temps pour entreprendre une action défensive, si nécessaire.
Et à quoi pourrait ressembler cette action ?
Dans une longue analyse d’options qui lui valurent un PhD (doctorat - NdT) tout neuf en ingénierie aéronautique de l’université de Glasgow, Joan Pau Sanchez Cuartilles évalue plusieurs approches allant de la détonation d’une petite bombe nucléaire près d’un astéroïde à l’utilisation d’un satellite de taille modeste comme un genre de tracteur qui tracte l’astéroïde vers une orbite moins dangereuse, celui-ci étant lié à l’astéroïde par leur gravité mutuelle.
L’option nucléaire avec détonation à distance (avec un explosif ajusté à la masse et à la densité de l’astéroïde) s’avéra être la plus efficace, quoique politiquement gênante. Le remorquage gravitationnel pourrait être efficace avec de longs délais, ou bien si le but est de donner une pichenette à un astéroïde suffisante pour qu’il évite une zone de frappe gravitationnelle, ou trou de serrure, qui le mettrait sur une trajectoire de collision avec la Terre des dizaines d’années dans l’avenir.
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(1) Icône et mascotte de la Pillsbury Company qui apparaît dans de nombreuses pubs. Beaucoup d’entre elles se terminent avec un doigt humain qui enfonce le ventre du Doughboy. Le Doughboy répond en se frottant le ventre et en ricanant - NdT
Traduction française : Henri R.