Troublante liquidation des stock-options chez les grands patrons français
Article rédigé le 07 jan 2010, par Agata Kovacs
Agata Kovacs, pour Mecanopolis
Un article de la dernière livraison de l’hebdomadaire Le Canard enchaîné relève une situation pour le moins troublante. En pleine euphorie boursière, alors que l’année se termine sur une hausse de 22% du CAC 40 et qu’une nouvelle progression de 10 à 15 % est prévue par une majorité des analystes en 2010, la plupart des grands patrons se sont empressé de lever leurs stock-options afin de les revendre. Plusieurs fonds d’investissement, qui ont observé ces mouvements, ont fait de même. Ces manœuvres pourraient bien indiquer que nous sommes à l’aube d’un nouveau crash boursier.
L’empressement des patrons français à liquider leurs stock-options est-il annonciateur de l’imminence d’un crash boursier ?
Il s’agit en effet d’un indicateur qui vaut bien les avis d’experts et les plus savantes analyses économiques. Les patrons des société cotées en bourse sont obligés de déclarer à l’Autorité des marchés financiers (AMF) et aux instances dirigeantes de leurs sociétés les achats ou ventes d’actions auxquelles ils ont procédé.
Ainsi, Jean René Fourtou, administrateur de Sanofi-Adventis, et par ailleurs président de Vivendi a, le 11 décembre dernier, acheté 234′782 actions auxquelles lui donnent le droit ses stock-options, et les revend dans la même journée avec un faible bénéfice.
Le président du groupe Danone (et patron le mieux payé de France selon le palmarès du magazine « Challenge ») lève 329′310 stock-options le 14 décembre qu’il revend lui aussi le même jour.
Les dirigeants de la BNP semblaient pressé eux-aussi. Michel Pébéreau, président de la banque, lève 79′000 stock-options le 15 décembre. Il s’empresse d’en revendre 62′000 cinq jours plus tard. Son bras droit, Baudoin Prot revend 80% de ses 47′300 stock-options quatre jours après les avoir touché.
Chez Thales, un membre du comité exécutif a revendu, dans la journée, les 10′500 titres qu’il venait d’acquérir.
Chez Christian Dior (groupe Arnault-LVMH), le directeur général et un administrateur ont, eux aussi, cédé plus de 80% des actions achetées quelques jours plus tôt.
Idem chez Bouygues, où deux administrateurs ont liquidé illico 90% de leurs options. Ou encore chez Total, dont un membre du « comité exécutif » s’est défait, en cinq jours, de la totalité des 40′000 actions qu’il venait de se voir attribuer.
Tout cela dans un ensemble inquiétant, durant la deuxième quinzaine de décembre. Est ce que cette précipitation est annonciatrice de l’imminence d’un nouveau crash boursier ? Il n’est vraiment pas impossible que les analystes optimistes qui, comme l’indique le Canard « sont aussi bien payé quand ils se trompent », soient une fois de plus dans l’erreur, et que les patrons d’entreprises aient déjà senti le vent tourner.
Vendredi 20 Novembre 2009
La Société Générale a conseillé à des clients de s’apprêter à un éventuel « effondrement économique global »
au cours des deux années à venir, dessinant une stratégie
d’investissements défensifs pour éviter la destruction de richesse.
Dans un rapport intitulé « scénario du pire cas de dette »,
l'équipe d’évaluation bancaire a indiqué que les mesures de secours de
l'Etat au cours de la dernière année ont simplement transféré les
responsabilités privées sur les épaules d’un Etat fléchissant, créant
tout un ensemble de nouveaux problèmes.
La dette
globale occupe un pourcentage beaucoup trop élevé dans le PIB de
presque toutes les économies riches (350% aux USA), que l’on parle de
dette publique ou privée. Elle doit être réduite par un travail
Herculéen de « baisse de niveau (de vie) », des années durant.
http://www.telegraph.co.uk/finance/financetopics/g20-summit/6228450/Debt-levels-risk-another-crisis.html
«
Jusqu'ici, personne ne peut dire avec la moindre certitude si nous
avons en fait échappé à la perspective d'un effondrement économique
global, » indique la page 68 du rapport, dirigé par le chef de
l’équipe dévaluation, Daniel Fermon. C'est une exploration des dangers,
pas une prévision.
Selon le scénario de la banque Française intitulé « Bear Case »
(la pire des trois issues possibles), le dollar perdra davantage de
valeur et les actions ordinaires globales seront à nouveaux au ralenti.
Les prix des propriétés dégringoleront à nouveaux. Le pétrole retombera
à 50 dollars en 2010.
Les gouvernements ont déjà
utilisés leurs mesures fiscales. Même sans nouvelle dépense, la dette
publique explosera dans un délai de deux ans à 105% du PIB au
Royaume-Uni, à 125% aux USA et dans la zone Euro, et à 270% au Japon.
La dette mondiale des Etats atteindra les 45 000 milliards de dollars,
en d’autres termes elle aura été multipliée par 2.5 en une décennie.
(Les
chiffres Britanniques semblent bas car leur dette était initialement
basse. M. Ferman a dit que le Royaume-Uni convergerait vers le niveau
de l'Europe avec une dette représentant 130% de son PIB d’ici 2015,
sous le scénario du «Bear Case »).
Le poids de la dette
est plus grand qu'il ne l’était après la Deuxième Guerre Mondiale,
quand les niveaux nominaux semblaient identiques. Le vieillissement de
la population rendra encore plus difficile d’éponger la dette par la
croissance. « Une
dette publique élevée semble entièrement insoutenable à la longue. Nous
avons presque atteint le point de non retour pour la dette des
gouvernements, » a-t-elle indiqué.
Le report de la dette pourrait être vu par certains gouvernements comme un moindre mal.
S’il en est ainsi, l'or « grimpera et grimpera » comme seul refuge contre l’argent papier. La dette privée des ménages augmente également.
Même
si le taux d'épargne aux USA se stabilise à 7%, et que toute cette
épargne était utilisée pour la dette, il faudra encore 9 ans pour les
ménages pour réduire le ratio dette/revenu aux niveaux sûrs des années
80.
La banque a indiqué que la crise actuelle montre « des similitudes criantes » avec
le Japon durant sa décennie de perdition (ou ces deux décennies), avec
une grande différence : Le Japon pouvait rester à flot en exportant
dans une économie globale robuste et en laissant le Yen chuter. Il est
impossible que la moitié du monde poursuive en même temps cette
stratégie.
Les conseillers de la Société Générale préconise de vendre les dollars et les actions ordinaires cycliques dites « courtes », telles
que la technologie, l'automobile, et le voyage pour éviter d'être pris
dans « la spirale déflationniste inhérente ». Les marchés émergents ne
seront pas épargnés.
Paradoxalement, ils sont davantage liés à la
croissance Américaine que Wall Street lui-même. Les produits agricoles
s’en sortiront bien, tiré par le sucre.
M. Fermon a
dit que les obligations toxiques à risque élevé perdraient 31% de leur
valeur pour la seule année 2010. Cependant, les fonds souverains « produiraient des retours boostant » imitant
le glissement séculaire des rendements vus au Japon, étant donné que la
récession frappe. En dix ans, le rendement du Japon est tombé à 0.40%.
Le FED maintiendra le niveau des rendements en achetant plus
d’obligations. La Banque Centrale Européenne en fera moins, pour des
raisons politiques.
La proposition de la Société
Générale d’acheter des fonds souverains est controversée. Un certain
nombre de fonds doutent que le scénario du Japon se répète, du moins
parce que Tokyo est peut-être elle-même au bord d'une crise de la
dette.
M. Fermon a dit que son rapport avait
électrifié les clients des deux côtés de l'Atlantique. « Tout le monde
veut savoir quel sera l'impact.
Beaucoup de « Hedge Funds » et de banquiers sont inquiets, » a-t-i dit.
http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/6599281/Societe-Generale-tells-clients-how-to-prepare-for-global-collapse.html
Liste des 30 premiers organismes financiers au bord de la faillite :
EUROPE : UBS, Crédit Suisse, Société Générale, BNP, Santander, BBVA, Unicredit, Banca Intesa, Deutsche Bank et ING.
ANGLETERRE : HSBC, Barclays, RBS, Standard Chartered.
AMERIQUE DU NORD : Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley, Bank of America-Merrill Lynch, Royal Bank of Canada.
JAPON : Mizuho, Sumitomo Mitsui, Nomura, Mitsubishi.
ASSUREURS : Axa, Aegon, Allianz, Aviva, Zurich, Swiss Re.
Les banques augmentent et inventent maintenant toutes sortes de frais, d’intérêts. Elles virent leurs clients au moindre prétexte : découverts, manque de rotation sur le compte, etc
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